Le pré-état daté regroupe les informations financières et juridiques qu’un vendeur doit transmettre à l’acquéreur d’un lot de copropriété avant la signature du compromis, conformément à l’article L.721-2 du Code de la construction et de l’habitation. Le terme lui-même ne figure dans aucun texte de loi : il s’agit d’un usage notarial, pas d’une catégorie juridique encadrée. Cette absence de formalisme imposé sur le support ouvre un choix concret entre un modèle Word modifiable et un PDF figé.
Pré-état daté : un document sans format légal imposé
L’article L.721-2 du CCH liste les informations à fournir (charges courantes, charges travaux votés, dettes éventuelles du vendeur envers le syndicat, procédures en cours), mais ne prescrit aucun format de restitution. Un fichier Word, un PDF, un tableur Excel ou même un document manuscrit peuvent remplir cette obligation, à condition que les données soient exactes et complètes.
Cette liberté de forme distingue le pré-état daté de l’état daté proprement dit, dont le prix est plafonné à 380 euros TTC par mutation depuis le décret du 21 février 2020. Le pré-état daté, lui, n’est soumis à aucun plafonnement tarifaire. Quand un syndic ou un prestataire facture un PDF pré-rempli, le prix relève de la libre négociation, sans protection réglementaire pour le vendeur.
Comprendre cette dissymétrie réglementaire change la perspective : payer pour un PDF verrouillé revient à acheter une mise en forme, pas une garantie juridique supplémentaire.
Modèle Word vierge du pré-état daté : ce que le format modifiable permet
Un fichier Word offre des fonctions qu’un PDF figé interdit par conception. La différence ne tient pas à l’esthétique, mais à la capacité d’adapter le document à la situation réelle du lot vendu.

- Personnalisation des rubriques : certaines copropriétés comportent des charges spéciales (fonds de travaux alimenté au-delà du minimum légal, emprunt collectif en cours). Un modèle Word permet d’ajouter ou de supprimer une ligne sans recréer le document.
- Correction sans ressaisie intégrale : une erreur sur le montant des charges du dernier exercice se corrige directement. Sur un PDF verrouillé, la modification nécessite un logiciel tiers ou un retour au prestataire, avec un délai supplémentaire.
- Insertion de pièces annexes : procès-verbaux d’assemblée générale, relevé de charges, carnet d’entretien. Un Word accepte des tableaux copiés-collés depuis un fichier Excel, là où un PDF impose une manipulation technique pour fusionner des pages.
- Travail collaboratif : le notaire, l’agent immobilier ou le vendeur lui-même peuvent annoter, compléter ou valider chaque section avant envoi, sans outil spécialisé.
Le format Word (.doc ou .docx) reste lisible sur la quasi-totalité des postes sous Windows, sur macOS et via des suites bureautiques en ligne gratuites. La compatibilité n’est pas un obstacle.
PDF figé pour le pré-état daté : les limites concrètes en transaction
Le PDF présente un avantage : il fige le contenu et empêche toute modification accidentelle après signature. C’est précisément cette rigidité qui pose problème en amont de la promesse de vente, quand le document est encore en cours de constitution.
Un vendeur qui reçoit un PDF pré-rempli par son syndic découvre parfois des données obsolètes. Les appels de charges trimestriels peuvent avoir évolué entre la date de production du document et la signature du compromis. Corriger un PDF verrouillé exige un outil d’édition ou une nouvelle commande au syndic, souvent facturée.
Le verrouillage du PDF a aussi un coût indirect sur le calendrier. Dans une vente où les délais sont serrés (condition suspensive de prêt, date butoir du compromis), chaque aller-retour avec le syndic pour corriger une donnée repousse la transaction. Un modèle Word vierge rempli par le vendeur, à partir des documents de la copropriété qu’il détient, supprime cette dépendance.
Convertir le Word en PDF au bon moment
La bonne pratique consiste à travailler sur un fichier Word pendant toute la phase de préparation, puis à convertir le document en PDF une fois les informations validées. Le notaire reçoit alors un fichier non modifiable, ce qui sécurise la pièce versée au dossier de vente. Cette conversion prend quelques secondes depuis n’importe quel traitement de texte.
Remplir soi-même le pré-état daté : les rubriques à ne pas oublier
Le vendeur est légalement responsable des informations transmises, quel que soit le support choisi. Un modèle Word vierge ne dispense pas de rigueur. Voici les catégories d’informations imposées par l’article L.721-2 du CCH :
- Le montant des charges courantes du budget prévisionnel et des charges hors budget prévisionnel payées par le vendeur sur les deux derniers exercices.
- Les sommes restant dues par le vendeur au syndicat des copropriétaires, ainsi que les sommes dont le syndicat pourrait être débiteur envers le vendeur.
- L’état global des impayés de charges au sein du syndicat et, le cas échéant, les dettes du syndicat envers ses fournisseurs.
- Les travaux votés en assemblée générale non encore exécutés et leur financement.
- L’existence éventuelle de procédures judiciaires en cours impliquant le syndicat.
Ces données se trouvent dans les procès-verbaux d’assemblée générale, les relevés de charges annuels et le carnet d’entretien de l’immeuble. Le vendeur a accès à ces documents sans passer par le syndic, puisque la loi impose leur transmission à chaque copropriétaire.

Coût et autonomie : l’argument financier du modèle Word
Le pré-état daté facturé par un syndic atteint couramment plusieurs centaines d’euros, sans plafond réglementaire. Un modèle Word vierge, téléchargé ou créé à partir d’une trame type, ne coûte rien ou presque. L’économie est directe.
L’autonomie a aussi une valeur temporelle. Attendre la production du document par le syndic prend parfois plusieurs semaines, selon la réactivité du gestionnaire. Remplir un modèle Word soi-même réduit ce délai à quelques heures, pour peu que les documents de copropriété soient à jour et accessibles.
Le format Word ne garantit pas l’exactitude des données : seul le soin apporté au remplissage le fait. Un vendeur attentif, qui recoupe ses relevés de charges avec les procès-verbaux, produit un pré-état daté aussi fiable qu’un document émis par le syndic, puisque les sources d’information sont identiques.
Le choix du support ne change rien à la valeur juridique du pré-état daté. Ce qui compte, c’est la complétude et l’exactitude des informations transmises avant la promesse. Un fichier Word vierge, rempli avec méthode puis converti en PDF pour l’envoi final, combine flexibilité de rédaction et sécurité de diffusion, sans frais superflus.